© 2019 - Société d'Histoire de Lyon

  • Wix Facebook page
  • Wix Twitter page

CONFÉRENCES 2019

lundi 21 janvier 
François Richard
Gondebaud, faiseur d'empereur à Ravenne et roi burgonde à Lyon

lundi 4 février
Lilian Mathieu
Mai 1968 à Lyon, et après ?

lundi 18 mars
Eric Sergent
La mémoire de la guerre de 1870 dans le Rhône et en Bourgogne

lundi 1er avril
Michèle Clément
Femmes et livres à Lyon au XVIe siècle

lundi 20 mai
Roland Saussac 
Les Oratoriens du collège de la Trinité avant et après la Révolution

lundi 16 septembre
Anne Allimant
Des vignes aux champs, les domaines de la Gallée à Millery et de M. Philibert à Charly. XVe-XVIIe siècle

lundi 21 octobre
Christiane Servan
Le peintre Florentin Servan (1811-1879)

lundi 18 novembre
Pierre Crépel 
Lyon vu par l'Encyclopédie Diderot-D’Alembert

lundi 16 décembre
Frédérique de Lambert
Geneviève de Diacete, florentine et lyonnaise à la fin du XVIe siècle

 

Le troisième lundi du mois à 18h15 précises
aux Archives municipales de Lyon, 1 place des Archives 69002 Lyon

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles
Ce programme peut faire l'objet de modifications éventuelles, notamment dans l'ordre de la programmation

 

.

- Pont du Change, 1843 -

RÉSUMÉS

 

 

.

lundi 21 janvier, François Richard
Gondebaud, faiseur d'empereur à Ravenne et roi burgonde à Lyon

Quand Gondebaud est entré dans la vie adulte, l’empire romain d’Occident était proche de sa fin, et n’exerçait plus son pouvoir que sur l’Italie et la Provence. Mais Gondebaud a eu le temps de connaitre trois des derniers empereurs, en venant à Ravenne en 472 avec des soldats burgondes auprès de son oncle Ricimer, général en chef de l’armée d’Italie. Il y resta deux ans après avoir succédé dans sa haute charge à son oncle vite décédé, ce qui montre qu’il avait su se faire une bonne position à la cour de Ravenne, allant même jusqu’à créer lui aussi un empereur,Glycérius. Mais il regagna prudemment la Gaule en 474, abandonnant Glycérius, quand Constantinople se décida à envoyer en Italie un empereur nommé par elle. Puis ce fut la fin de l’empire d’Occident, en 476.
Devenu roi burgonde, vers 480, souverain d’un royaume qui allait du Jura et du Morvan à la Durance et à l’Ardèche, et qu’il commença à partager avec son frère avant de le garder pour lui seul de 500 à 516, installé à Lyon sa capitale, Gondebaud a essayé avec succès de rapprocher Burgondes et Romains. Ilpromulgua des lois en latin inspirées des codes romains, favorisa les intermariages, en laissa sa femme et surtout son héritier pratiquer la religion catholique et non pas l’arianisme, et  associa nobles burgondes et nobles gallo-romains à la direction de ses 31 cités. On peut penser que son expérience à Ravenne a joué un grand rôle dans l’orientation pro-romaine de sa politique. 
Sa politique étrangère fut plus hésitante : placé entre les Goths (Ostrogoths en Italie, Wisigoths en Gaule) et les Francs de plus en plus envahissants avec Clovis, il choisit d’aider Clovis à éliminer de Gaule les Wisigoths, ce qui ne lui rapporta rien ; au contraire, vingt ans après sa mort, les fils de Clovis s’emparèrent du royaume burgonde. Au moins, dans le monde franc, ce royaume garda-t-il sa personnalité, et même son nom (Burgondie), grâce à la cohésion que Gondebaud avait su lui donner : c’est à Gondebaud sans doute que le nom de Bourgogne doit d’avoir franchi les siècles jusqu’à nous.

lundi 4 février, Lilian Mathieu
Mai 1968 à Lyon, et après ?

Mai 68 à Lyon pourrait à première vue s’envisager comme une reproduction en modèle réduit ou en simili du « vrai » Mai, celui de Paris. On y retrouve en effet plusieurs des épisodes et processus qui ont fait la légende des « événements » : affrontements violents entre policiers et étudiants sur les barricades, grande manifestation unitaire du 13 mai, production d’affiches irrévérencieuses dans les écoles des Beaux-arts, occupation des bâtiments universitaires et des principales usines, grève avec occupation dans la plupart des secteurs salariés et des services publics, défilé massif de soutien au gouvernement de la fin mai, etc. De ce point de vue, les événements de Lyon sont en grande partie la réplique des événements parisiens qui les ont précédés — réplique au sens pictural d’imitation mais également au sens sismique de contrecoup, puisque la plupart des épisodes lyonnais se déroulent avec un temps de retard sur leur « modèle » parisien. 
Cette représentation n’est pas tant trompeuse qu’incomplète. Certes, la mobilisation de Lyon est, comme celle du reste du pays, étroitement dépendante de ce qui se joue dans la capitale. Mais elle doit également sa dynamique à des spécificités locales qui retraduisent les impulsions parisiennes dans leur logique propre. Ainsi de la configuration militante du milieu universitaire, dominée par les étudiants du PSU mais rapidement dépassée d’abord par les anarchistes de la déclinaison locale du Mouvement du 22 mars puis par la rhétorique ouvriériste des maoïstes. Ainsi également d’un champ politique qui assiste à un jeu complexe de coalition et de concurrence entre un PCF placé sur la défensive et une alliance PSU-CFDT prête à lui contester son hégémonie. Ainsi, surtout, des drames imprévus tel le décès, au cours de la seule nuit des barricades lyonnaises le 24 mai, du commissaire Lacroix sur le pont Lafayette, qui offrira au gouvernement l’opportunité d’un retournement de l’opinion contre les étudiants. Renversant les traditionnels rapports inégalitaires Paris-province, un événement local aura eu un impact majeur sur la dynamique nationale du mouvement.

lundi 18 mars. Eric Sergent

La mémoire de la guerre de 1870 dans le Rhône et en Bourgogne

Si au plan national, la mémoire de la guerre de 1870-1871 n’est que peu vivace et que les « lieux de mémoire » sont inégalement répartis sur le territoire, la Côte-d’Or compte encore, a priori, comme un département à « mémoire très forte » . Il semble ainsi que la mémoire de cette guerre peu connue reste importante dans certaines zones, notamment celles où de rudes combats ont eu lieu. Dans notre cas, la bataille de Nuits (aujourd’hui Nuits-Saint-Georges) du 18 décembre 1870 a marqué durablement les populations, d’où l’émergence d’un mouvement mémoriel massif, dont des traces subsistent jusqu’à nos jours.
Qu’en est-il, dès lors, dans des départements comme le Rhône, qui n’ont connu ni les combats ni l’occupation sur leur sol, mais qui ont fourni des hommes au service de la Défense nationale ? En effet, les légionnaires du Rhône ont, pour nombre d’entre eux, péri à Nuits. Plusieurs monuments, souvent méconnus, sont disséminés dans le département et rappellent leur sacrifice. Mais que disent-ils des événements, des durs combats, et des morts, dont les corps n’ont pas été rapatriés ? 
Enfin, quels liens entretiennent ces deux départements et ces deux mémoires différentes mais complémentaires. Il s’agit, par une approche comparative entre deux départements qui ont eu une expérience bien différente de la guerre de 1870-1871, mais intimement liés pour les combats et le traumatisme, d’essayer de comprendre la manière dont la mémoire s’est forgée, son évolution et ce qu’il en reste aujourd’hui, près de 150 ans après les événements. En étudiant de près les monuments funéraires et commémoratifs et les cérémonies qui les entourent, il est possible d’obtenir une certaine image de la société française, vue par le prisme de la douleur, du traumatisme, des bouleversements politiques et d’une certaine idée de la Revanche.

lundi 1er avril, Michèle Clément
Femmes et livres à Lyon au XVIe siècle : autrices, imprimeuses, lectrices..

Lyon est une ville humaniste et une ville d’imprimerie durant le XVIe siècle. En quoi cette conjonction d’intellectuels (auteurs, traducteurs, correcteurs) et d’hommes de l’art (imprimeurs, libraires et ouvriers du livre), très forte entre 1520 et 1562, a-t-elle pu favoriser l’insertion des femmes dans le monde du livre ? Ce monde des « gens du livre » serait-il moins étanche que d’autres mondes ettout est-il sans ambiguïté dans les différentes émergences de femmes sur la scène publique ? Comment discriminer entre femmes réelles et femmes supposées dans un contexte littéraire où le nom des femmes devient un argument ? La promotion des femmes est une réalité lyonnaise du fait d’imprimeurs et d’humanistes soucieux de promouvoir l’identité féminine, voire la plume féminine. Ce processus est le fruit de diverses stratégies, adoptées selon les ateliers et les réseaux sociaux : c’est ce que l’on peut examiner assez précisément entre 1503 et 1570, de Symphorien Champier à Georgette de Montenay.

lundi 21 octobre, Christiane Servan
Florentin Servan (1811-1879), peintre paysagiste idéaliste et mystique..

Il s’agit de la première monographie sur le peintre Florentin Servan qui fut salué de son vivant comme l’un des peintres « les plus distingués » de l’école catholique lyonnaise. Aujourd’hui tombé dans l’oubli, il fit partie avec ses paysages classiques de cette école mystique lyonnaise, du XIXe siècle, ceux que l’on nomme les « peintres de l’âme ».
« Il y avait en ce temps (1841) à Lyon un groupe d’artistes amis qui cherchaient leur voie et sur lesquels les idées religieuses exerçaient une action toute particulière ». C’est ainsi que Clair Tisseur débuta sa longue nécrologie sur Florentin Servan. Ce groupe d’amis était composé de Louis Janmot, Jean Baptiste Frénet, Auguste Flandrin et Florentin Servan.
Dès ses débuts Florentin Servan se tournera vers le paysage religieux, idéalisant la Nature œuvre de Dieu. Si son style évolue vers plus de naturalisme, ses paysages avec leurs imperfections possèdent un sentiment religieux, un recueillement, une douceur qui lui sont propres.
Issu d’une famille d’échevins, marchand drapier, il passe son enfance à Lyon dans le quartier des Cordeliers. Inscrit à 19 ans à l’École des Beaux-Arts de Lyon dans la classe de la Fleur, il semble se destiner au métier de dessinateur pour la Fabrique. Ses années d’apprentissage sont mal connues. C’est pourtant pendant ces années qu’il mûrit son gout pour le paysage à sujet religieux sans doute au contact de son ami Louis Janmot et de son oncle maternel Victor Orsel. C’est aussi dans ces années qu’il découvre le Bugey, région qui servira de cadre à ses paysages. Sa carrière officielle est assez courte et essentiellement lyonnaise. Elle débute en 1838 avec sa première participation, au Salon de Paris et de Lyon. Elle s’interrompt en 1867 à la mort de sa fille aînée. Il fit peu de voyage, mis à part en Italie dans la région de Rome (en 1844 et en 1866), partageant son temps entre le Bugey et Lyon. Il se contenta jusqu’en 1859-1860 d’idéaliser les paysages de son village de Lacoux. 
Abandonnant la peinture vers 1868, atteint d’une maladie des yeux, il se consacre alors à sa famille, aux bonnes œuvres et de 1874 à 1878 à la Commission consultative des Beaux- Arts de la Ville de Lyon au côté de Joseph Fabisch sculpteur, Antoine Chenavard architecte, Paul Borel et Joseph Guichard peintres.
Son œuvre comprend une soixantaine de paysages recomposés d’après nature appartenant, en majorité à des collectionneurs privés, auxquels il faut ajouter de nombreuses études et dessins préparatoires.

lundi 18 novembre. Pierre Crépel 

Lyon vu par l'Encyclopédie Diderot-D’Alembert

Le présent exposé reprend un travail collectif effectué au sein de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon en 2018. Il s'inscrit dans le cadre de l'initiative ENCCRE qui met à disposition du public une édition numérique, critique et commentée, de l'Encyclopédie Diderot-D'Alembert (1751-1772). Ce projet, dont les réalisations sont régulièrement publiées en ligne et gratuitement, fait partie des travaux soutenus et subventionnés par l'Académie des sciences de Paris. Il a un protocole rigoureux, présenté de façon accessible et ouvert à la participation du public. Pour chaque article, sont donnés une version photographique, une transcription accompagnée de notes explicatives ou de contexte, un dossier critique (auteur, désignant, sources, renvois, réception, autres éditions) et des études de contenus.

Dans le cas présent, nous avons examiné l'article Lyon, mais aussi toutes les autres entrées de l'Encyclopédie qui parlent de cette ville, notamment Art, Chambre de la santé, Concert, Conservation de Lyon, etc. C'est alors l'occasion, non seulement d'étudier ce que les encyclopédistes, à commencer par le chevalier de Jaucourt, disaient de Lyon, mais aussi de replacer cela dans le cadre des connaissances et méconnaissances de l'époque. Nous verrons que l'article de Jaucourt est totalement déséquilibré, nous esquisserons pourquoi. Nous étudierons aussi comment il est complété ailleurs dans le grand ouvrage et comment il sera modifié, augmenté dans les éditions ultérieures: Encyclopédie d'Yverdon, Table du pasteur Mouchon, Encyclopédie méthodique.