CONFÉRENCES 2020

lundi 20 janvier. Jean-Yves Quay
Les pentes de La Croix-Rousse à Lyon : un quartier de la fabrique (de soie), la fabrique d’un quartier

 

Les pentes de la Croix-Rousse se sont densifiées en un temps très court (un siècle à peine), pour accueillir l’activité industrieuse de la Fabrique de soie, et ce à partir de 1789. Mais dès 1850, pratiquement au plus fort de sa construction, la production de la soie était délocalisée vers les campagnes environnantes, privant ainsi ce nouveau quartier de ce pourquoi il avait été construit, la Fabrique de soie faisant vivre alors, un nombre conséquent de métiers, bien au-delà des seuls tisserands …
Comment (pourquoi) ce quartier, construit sur le labeur, a-t-il pu survivre à la disparition de ce qui l’a fait naitre ? 
Pour essayer de comprendre le rapport entre la spéculation foncière de l’époque (un des quartiers les plus denses d’Europe), la construction systématique de ce nouveau quartier (une cité industrielle avant l’heure ?) et une extension urbaine réussie puisqu’ elle « vit » maintenant depuis plus de deux siècles tout en restant le quartier le plus dense de la ville de LYON (la plus grande partie du 1er arrondissement), pouvons-nous mettre en résonnance les formes héritées de la Croix-Rousse avec les usages durables de « l'habiter » …

 

Lundi 17 février. Xavier de la Selle
Ce que le musée des arts de la marionnette de Lyon doit à Georges-Henri Rivière, Genèse d’une collection lyonnaise

En 2016, les musées Gadagne décident de remettre en chantier le parcours permanent consacré aux arts de la marionnette et mettent en œuvre un projet qui aboutit à l’ouverture de leur nouvelle exposition de référence en novembre 2018. La concomitance de ce projet avec l’exposition du MuCEM consacrée à Georges-Henri Rivière a été l’occasion de remettre en perspective les réflexions muséographiques de Gadagne à la lumière de l’héritage de celui qu’on a surnommé « le magicien des vitrines ».
A travers quelques sources récemment publiées, comme le journal de route de Rivière (1946) on peut éclairer de manière plus précise la genèse du musée dela marionnette de Lyon. Par ailleurs, la réflexion muséographique du musée des arts de la marionnette, conduite depuis les années 2015-2016, replace la question artistique au cœur du projet. S’appuyant sur le dialogue avec les marionnettistes, la démarche a été également l’occasion de redécouvrir à quel point le musée des marionnettes de Lyon est redevable de l’action et de la pensée de Georges-Henri Rivière, dans sa vision universaliste et humaniste.

 

(Conférence à venir). Violaine Savereux et Maryannick Chalabi
Église-monument ou maison d’église : architecture et politique diocésaine

Dès ses origines, le christianisme a été confronté au choix de l'édifice destiné à accueillir le culte : monument somptueux à la gloire de Dieu ou humble temple, voire simple grotte, à l'image de la pauvreté du Christ ? Les choix ont varié en fonction des courants et tendances alimentant foi et doctrine. Ni le diocèse de Lyon, habité très tôt par les diverses nuances du catholicisme social, ni le XXe siècle et la rapidité de ses bouleversements politiques et sociaux, ne pouvaient échapper à cette question. Les réponses du diocèse ont été diversifiées tout au long du siècle, se référant tour à tour à l'église-monument (de l'église du Sacré-Cœur, pendant affirmé de la basilique de Fourvière, à l'église Saint-Thomas de Vaulx-en-Velin), ou à la simple maison d'église (de Notre-Dame-del'Assomption, Lyon 8e, à Sainte-Élisabeth, Lyon 4e). L'influence des desservants a été déterminante et les architectes ont su relever le défi entre humilité et qualité. En résulte un patrimoine divers et de caractère, dont une meilleure connaissance devrait assurer la préservation.

Lundi 21 septembre. Benoit Faure-Jarrosson
Nicolas et Camille de Neufville à la Cour : les ressorts d'une ascension (1642-1654)

La famille de Neufville de Villeroy est supposée avoir régné sur Lyon durant près de trois  siècles, mais son influence n’a pas été constante. Au début de 1645, sa place réelle à Lyon est réduite à peu de chose, un titre de gouverneur pour Nicolas de Neufville, qui mène au loin une carrière militaire laborieuse et son frère Camille, connu comme abbé d’Ainay, qui y vit dans le luxe mais sans fonction. Six ans plus tard, en 1651, Nicolas et Camille sont les intimes du jeune roi de France et capables de mettre Mazarin en danger. En 1653, Camille est nommé archevêque de Lyon et son frère est nommé en 1661 à la tête du conseil du roi. La juxtaposition des archives permet de saisir comment, en quelques années, les deux frères ont connu une ascension fulgurante grâce à leur capacité à se faufiler dans les dédales de la Cour et de la Fronde. C’est ainsi que, de1653 à 1693, Camille de Neufville est en position d’être le roi de Lyon.

Conférence en ligne. Bernard Gauthiez 
Nouvelles découvertes sur l'espace de Lyon au Moyen Âge

L'espace de la ville de Lyon au Moyen Âge est encore assez mal connu. Des recherches récentes ont fait apparaître un certain nombre de faits nouveaux. Parmi ces faits, je vais en aborder quelques-uns particulièrement saillants :
- La cartographie sous SIG des Nommées de 1493, sur la base de la géométrie actuelle de la ville, permet de localiser très finement les données contenues dans la source. On peut évoquer notamment celles qui sont relatives aux enceintes de la ville, dont petit à petit les contours s'affirment, et la position des maisons tenues par des abbayes à Lyon, parmi lesquelles Cluny. 
- Les sources écrites mentionnent plusieurs campagnes de travaux à la cathédrale, antérieures à la construction que nous connaissons aujourd'hui. La confrontation de ces données à celles du bâti existant et à l'analyse précédemment sous la conduite de Nicolas Reveyron permet d'esquisser la cathédrale telle qu'elle se présentait avant sa reconstruction.
- La localisation précise de la maison de Cluny, par ailleurs dessinée sur le plan scénographique, mais sans y être mentionnée, peut-être mise en relation avec un texte de 1209 relatif à sa reconstruction dans le contexte de l'établissement d'une enceinte à proximité. Ces éléments font apparaître un conflit de proéminence dans le paysage de la ville entre la maison de Cluny et le chapitre de St-Jean; et renforcent l'hypothèse d'une enceinte à mi-pente du coteau de Fourvière.
- L'analyse d'une grande maison place Meissonier conduit à identifier un bâtiment médiéval de grande ampleur, alors que très peu de maisons médiévales subsistent à Lyon. Les sources permettent de l'attribuer à l'un des plus riches personnages de la ville à la fin du XIVe siècle.
- L'hôpital des Antonins disposait d'une trentaine de maisons à destination des indigents, localisées à proximité. Il s'agissait d'un habitat "social" avant la lettre.
- Un plan de restitution de la ville à la fin du Moyen-Âge peut être proposé, qui présente ces faits nouveaux, et indique les zones très perturbées à la fin du Moyen Âge, comme le lotissement du clos St-Pierre.

(Conférence à venir). Louis Faivre d’Arcier
Les révoltes de 1831 et 1834 au miroir des archives d’Adrien de Gasparin, préfet du Rhône

Conférence en ligne. Cyril Bonfils-Guillaud
Le patronat de la métallurgie du Gier et les milieux d'affaire lyonnais

La région centre est l’une des plus vieilles régions sidérurgiques françaises. Dans cette région qui comprend plusieurs pôles, l’un des deux principaux s’étend de la vallée du Gier dans sa partie orientale jusqu’à Saint-Étienne et au-delà de la vallée de l’Ondaine à l’Ouest. Aujourd’hui les friches industrielles se succèdent tout au long de cet axe, même si certaines usines comme Industeel à Rive de Gier sont les vestiges de ce passé prestigieux. Jusqu’à la fin des Trente Glorieuses, la région a pourtant été très dynamique. Son patronat composé de managers modernes et de descendants de familles de maîtres de forges (Cholat, Marrel, Prénat) se rassemble progressivement autour du grand projet de la période qui mènera à la création de Creusot Loire en 1970.

À quelques kilomètres de distance, le pôle industriel lyonnais apparait comme beaucoup plus diversifié avec ses industries de la chimie, de l’automobile, de l’électroménager ou de la pharmacie. Lyon est aussi une métropole aux activités de service nombreuses : banques, bourse, hôtellerie, restauration, etc. Son patronat est donc lui aussi marqué par la diversité de ses origines, des parcours professionnels ou encore des réseaux d’affaire.

Existe-t-il alors des relations entre le patronat de la sidérurgie du Gier et les milieux d’affaires lyonnais ? Et si c’est le cas, quelles sont-elles alors que ces patrons si proches géographiquement semblent éloignés par la nature de leurs activités ?

Une présentation de leurs origines familiales, de leurs formations, de leurs activités, de leurs réseaux permettra d’observer en réalité plus de relations que de ruptures entre patrons du Gier et de Lyon.

 

Le troisième lundi du mois à 18h15 précises
aux Archives municipales de Lyon, 1 place des Archives 69002 Lyon

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles
Ce programme peut faire l'objet de modifications éventuelles, notamment dans l'ordre de la programmation

 

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- Pont du Change, 1843 -

CONFÉRENCES 2019

 

 

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lundi 21 janvier 2019, François Richard
Gondebaud, faiseur d'empereur à Ravenne et roi burgonde à Lyon

Quand Gondebaud est entré dans la vie adulte, l’empire romain d’Occident était proche de sa fin, et n’exerçait plus son pouvoir que sur l’Italie et la Provence. Mais Gondebaud a eu le temps de connaitre trois des derniers empereurs, en venant à Ravenne en 472 avec des soldats burgondes auprès de son oncle Ricimer, général en chef de l’armée d’Italie. Il y resta deux ans après avoir succédé dans sa haute charge à son oncle vite décédé, ce qui montre qu’il avait su se faire une bonne position à la cour de Ravenne, allant même jusqu’à créer lui aussi un empereur,Glycérius. Mais il regagna prudemment la Gaule en 474, abandonnant Glycérius, quand Constantinople se décida à envoyer en Italie un empereur nommé par elle. Puis ce fut la fin de l’empire d’Occident, en 476.
Devenu roi burgonde, vers 480, souverain d’un royaume qui allait du Jura et du Morvan à la Durance et à l’Ardèche, et qu’il commença à partager avec son frère avant de le garder pour lui seul de 500 à 516, installé à Lyon sa capitale, Gondebaud a essayé avec succès de rapprocher Burgondes et Romains. Ilpromulgua des lois en latin inspirées des codes romains, favorisa les intermariages, en laissa sa femme et surtout son héritier pratiquer la religion catholique et non pas l’arianisme, et  associa nobles burgondes et nobles gallo-romains à la direction de ses 31 cités. On peut penser que son expérience à Ravenne a joué un grand rôle dans l’orientation pro-romaine de sa politique. 
Sa politique étrangère fut plus hésitante : placé entre les Goths (Ostrogoths en Italie, Wisigoths en Gaule) et les Francs de plus en plus envahissants avec Clovis, il choisit d’aider Clovis à éliminer de Gaule les Wisigoths, ce qui ne lui rapporta rien ; au contraire, vingt ans après sa mort, les fils de Clovis s’emparèrent du royaume burgonde. Au moins, dans le monde franc, ce royaume garda-t-il sa personnalité, et même son nom (Burgondie), grâce à la cohésion que Gondebaud avait su lui donner : c’est à Gondebaud sans doute que le nom de Bourgogne doit d’avoir franchi les siècles jusqu’à nous.

lundi 4 février 2019, Lilian Mathieu
Mai 1968 à Lyon, et après ?

Mai 68 à Lyon pourrait à première vue s’envisager comme une reproduction en modèle réduit ou en simili du « vrai » Mai, celui de Paris. On y retrouve en effet plusieurs des épisodes et processus qui ont fait la légende des « événements » : affrontements violents entre policiers et étudiants sur les barricades, grande manifestation unitaire du 13 mai, production d’affiches irrévérencieuses dans les écoles des Beaux-arts, occupation des bâtiments universitaires et des principales usines, grève avec occupation dans la plupart des secteurs salariés et des services publics, défilé massif de soutien au gouvernement de la fin mai, etc. De ce point de vue, les événements de Lyon sont en grande partie la réplique des événements parisiens qui les ont précédés — réplique au sens pictural d’imitation mais également au sens sismique de contrecoup, puisque la plupart des épisodes lyonnais se déroulent avec un temps de retard sur leur « modèle » parisien. 
Cette représentation n’est pas tant trompeuse qu’incomplète. Certes, la mobilisation de Lyon est, comme celle du reste du pays, étroitement dépendante de ce qui se joue dans la capitale. Mais elle doit également sa dynamique à des spécificités locales qui retraduisent les impulsions parisiennes dans leur logique propre. Ainsi de la configuration militante du milieu universitaire, dominée par les étudiants du PSU mais rapidement dépassée d’abord par les anarchistes de la déclinaison locale du Mouvement du 22 mars puis par la rhétorique ouvriériste des maoïstes. Ainsi également d’un champ politique qui assiste à un jeu complexe de coalition et de concurrence entre un PCF placé sur la défensive et une alliance PSU-CFDT prête à lui contester son hégémonie. Ainsi, surtout, des drames imprévus tel le décès, au cours de la seule nuit des barricades lyonnaises le 24 mai, du commissaire Lacroix sur le pont Lafayette, qui offrira au gouvernement l’opportunité d’un retournement de l’opinion contre les étudiants. Renversant les traditionnels rapports inégalitaires Paris-province, un événement local aura eu un impact majeur sur la dynamique nationale du mouvement.

lundi 18 mars 2019. Eric Sergent

La mémoire de la guerre de 1870 dans le Rhône et en Bourgogne

Si au plan national, la mémoire de la guerre de 1870-1871 n’est que peu vivace et que les « lieux de mémoire » sont inégalement répartis sur le territoire, la Côte-d’Or compte encore, a priori, comme un département à « mémoire très forte » . Il semble ainsi que la mémoire de cette guerre peu connue reste importante dans certaines zones, notamment celles où de rudes combats ont eu lieu. Dans notre cas, la bataille de Nuits (aujourd’hui Nuits-Saint-Georges) du 18 décembre 1870 a marqué durablement les populations, d’où l’émergence d’un mouvement mémoriel massif, dont des traces subsistent jusqu’à nos jours.
Qu’en est-il, dès lors, dans des départements comme le Rhône, qui n’ont connu ni les combats ni l’occupation sur leur sol, mais qui ont fourni des hommes au service de la Défense nationale ? En effet, les légionnaires du Rhône ont, pour nombre d’entre eux, péri à Nuits. Plusieurs monuments, souvent méconnus, sont disséminés dans le département et rappellent leur sacrifice. Mais que disent-ils des événements, des durs combats, et des morts, dont les corps n’ont pas été rapatriés ? 
Enfin, quels liens entretiennent ces deux départements et ces deux mémoires différentes mais complémentaires. Il s’agit, par une approche comparative entre deux départements qui ont eu une expérience bien différente de la guerre de 1870-1871, mais intimement liés pour les combats et le traumatisme, d’essayer de comprendre la manière dont la mémoire s’est forgée, son évolution et ce qu’il en reste aujourd’hui, près de 150 ans après les événements. En étudiant de près les monuments funéraires et commémoratifs et les cérémonies qui les entourent, il est possible d’obtenir une certaine image de la société française, vue par le prisme de la douleur, du traumatisme, des bouleversements politiques et d’une certaine idée de la Revanche.

lundi 1er avril 2019, Michèle Clément
Femmes et livres à Lyon au XVIe siècle : autrices, imprimeuses, lectrices..

Lyon est une ville humaniste et une ville d’imprimerie durant le XVIe siècle. En quoi cette conjonction d’intellectuels (auteurs, traducteurs, correcteurs) et d’hommes de l’art (imprimeurs, libraires et ouvriers du livre), très forte entre 1520 et 1562, a-t-elle pu favoriser l’insertion des femmes dans le monde du livre ? Ce monde des « gens du livre » serait-il moins étanche que d’autres mondes ettout est-il sans ambiguïté dans les différentes émergences de femmes sur la scène publique ? Comment discriminer entre femmes réelles et femmes supposées dans un contexte littéraire où le nom des femmes devient un argument ? La promotion des femmes est une réalité lyonnaise du fait d’imprimeurs et d’humanistes soucieux de promouvoir l’identité féminine, voire la plume féminine. Ce processus est le fruit de diverses stratégies, adoptées selon les ateliers et les réseaux sociaux : c’est ce que l’on peut examiner assez précisément entre 1503 et 1570, de Symphorien Champier à Georgette de Montenay.

lundi 20 mai. Roland Saussac 
Les Oratoriens du collège de la Trinité avant et après la Révolution

(résumé à venir)

lundi 16 septembre. Anne Allimant
Des vignes aux champs, les domaines de la Gallée à Millery et de M. Philibert à Charly. XVe-XVIIe siècle

(résumé à venir)

lundi 21 octobre 2019, Christiane Servan
Florentin Servan (1811-1879), peintre paysagiste idéaliste et mystique..

Il s’agit de la première monographie sur le peintre Florentin Servan qui fut salué de son vivant comme l’un des peintres « les plus distingués » de l’école catholique lyonnaise. Aujourd’hui tombé dans l’oubli, il fit partie avec ses paysages classiques de cette école mystique lyonnaise, du XIXe siècle, ceux que l’on nomme les « peintres de l’âme ».
« Il y avait en ce temps (1841) à Lyon un groupe d’artistes amis qui cherchaient leur voie et sur lesquels les idées religieuses exerçaient une action toute particulière ». C’est ainsi que Clair Tisseur débuta sa longue nécrologie sur Florentin Servan. Ce groupe d’amis était composé de Louis Janmot, Jean Baptiste Frénet, Auguste Flandrin et Florentin Servan.
Dès ses débuts Florentin Servan se tournera vers le paysage religieux, idéalisant la Nature œuvre de Dieu. Si son style évolue vers plus de naturalisme, ses paysages avec leurs imperfections possèdent un sentiment religieux, un recueillement, une douceur qui lui sont propres.
Issu d’une famille d’échevins, marchand drapier, il passe son enfance à Lyon dans le quartier des Cordeliers. Inscrit à 19 ans à l’École des Beaux-Arts de Lyon dans la classe de la Fleur, il semble se destiner au métier de dessinateur pour la Fabrique. Ses années d’apprentissage sont mal connues. C’est pourtant pendant ces années qu’il mûrit son gout pour le paysage à sujet religieux sans doute au contact de son ami Louis Janmot et de son oncle maternel Victor Orsel. C’est aussi dans ces années qu’il découvre le Bugey, région qui servira de cadre à ses paysages. Sa carrière officielle est assez courte et essentiellement lyonnaise. Elle débute en 1838 avec sa première participation, au Salon de Paris et de Lyon. Elle s’interrompt en 1867 à la mort de sa fille aînée. Il fit peu de voyage, mis à part en Italie dans la région de Rome (en 1844 et en 1866), partageant son temps entre le Bugey et Lyon. Il se contenta jusqu’en 1859-1860 d’idéaliser les paysages de son village de Lacoux. 
Abandonnant la peinture vers 1868, atteint d’une maladie des yeux, il se consacre alors à sa famille, aux bonnes œuvres et de 1874 à 1878 à la Commission consultative des Beaux- Arts de la Ville de Lyon au côté de Joseph Fabisch sculpteur, Antoine Chenavard architecte, Paul Borel et Joseph Guichard peintres.
Son œuvre comprend une soixantaine de paysages recomposés d’après nature appartenant, en majorité à des collectionneurs privés, auxquels il faut ajouter de nombreuses études et dessins préparatoires.

lundi 18 novembre 2019. Pierre Crépel 

Lyon vu par l'Encyclopédie Diderot-D’Alembert

Le présent exposé reprend un travail collectif effectué au sein de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon en 2018. Il s'inscrit dans le cadre de l'initiative ENCCRE qui met à disposition du public une édition numérique, critique et commentée, de l'Encyclopédie Diderot-D'Alembert (1751-1772). Ce projet, dont les réalisations sont régulièrement publiées en ligne et gratuitement, fait partie des travaux soutenus et subventionnés par l'Académie des sciences de Paris. Il a un protocole rigoureux, présenté de façon accessible et ouvert à la participation du public. Pour chaque article, sont donnés une version photographique, une transcription accompagnée de notes explicatives ou de contexte, un dossier critique (auteur, désignant, sources, renvois, réception, autres éditions) et des études de contenus.

Dans le cas présent, nous avons examiné l'article Lyon, mais aussi toutes les autres entrées de l'Encyclopédie qui parlent de cette ville, notamment Art, Chambre de la santé, Concert, Conservation de Lyon, etc. C'est alors l'occasion, non seulement d'étudier ce que les encyclopédistes, à commencer par le chevalier de Jaucourt, disaient de Lyon, mais aussi de replacer cela dans le cadre des connaissances et méconnaissances de l'époque. Nous verrons que l'article de Jaucourt est totalement déséquilibré, nous esquisserons pourquoi. Nous étudierons aussi comment il est complété ailleurs dans le grand ouvrage et comment il sera modifié, augmenté dans les éditions ultérieures: Encyclopédie d'Yverdon, Table du pasteur Mouchon, Encyclopédie méthodique.

lundi 16 décembre 2019. Frédérique de Lambert
Geneviève de Diacete, florentine et lyonnaise à la fin du XVIe siècle

Depuis quelques années, l’historiographie met l’accent sur l’histoire des femmes. Dans ce contexte, il m’a semblé judicieux de me pencher sur une femme du XVIe siècle qui a laissé de nombreuses archives. La première partie de la vie de Geneviève de Diacete (1566-1639) se déroule à Lyon jusqu’à son mariage en 1584 à 18 ans ; elle part alors avec son mari François de Montchenu dans le château familial de Châteauneuf-de-Galaure en Dauphiné. Puis elle devient veuve à 37 ans et doit assurer la tutelle de ses 9 enfants. Elle meurt à 73 ans.  
Il s’agit ici d’éclairer la partie de sa vie qui se déroule à Lyon en mettant en évidence les spécificités de sa famille pour mieux comprendre le milieu dans lequel elle a vécu. 
D’abord sa mère Françoise de Laulbe se marie une première fois avec Pierre Panse. La famille Panse est d’origine piémontaise, et fait partie de « l’Internationale des affaires » avec des bureaux à Lyon et à Anvers. On peut parler à leur sujet d’une excellente intégration dans la vie lyonnaise que ce soit par le biais du consulat ou de la vie religieuse. 
Françoise de Laulbe veuve en 1561, se remarie en 1565 avec Jehan Baptiste De Diacete. La famille Catani Da Diaceto fait partie de la nation florentine, plus précisément des riches marchands florentins, banquiers du roi et de la cour, dont le train de vie est luxueux.Si au niveau matériel, Geneviève ne manque de rien, sa jeunesse se déroule cependant dans une France très troublée par les guerres de religion.
Geneviève a donc vécu sa jeunesse dans un milieu privilégié. Elle va trouver facilement à se marier car cet ancrage social fait d’elle une riche héritière : elle se marie avec un membre de la noblesse immémoriale, François de Montchenu et quitte Lyon en 1584.

 

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